Global-Auto : Quels sont nos besoins en diesel et quelle en est la provenance ?
Les besoins tunisiens sont estimés à environ 3 800 000 tonnes par an, et environ 40% sont importés.
Concernant le diesel, la consommation annuelle est 1 850 000 tonnes environ. La production locale ne fournit que 500 000 tonnes, le reste est importé.
Sur les 1 350 000 tonnes d’importation, 40% est livré par la Libye, premier fournisseur. Le reste provient du monde entier après appels d’offre internationaux.
Quelle différence avec le gasoil commercialisé en Europe ?
La différence tient essentiellement aux concentrations en soufre contenues dans le gasoil. Il est passé, en Tunisie, de 10 000 ppm, à 3 000 ppm actuellement.
En Europe, le seuil de concentration en soufre a été abaissé à 50 ppm le 1er janvier 2005. Il devra être de 10 ppm en 2009.
Les dernières normes nationales sur les hydrocarbures datent du 28 décembre 2004. Lorsqu’elles ont été adoptées, les nouvelles normes étaient identiques à celles de l’Europe à l’exception de la teneur en soufre qui a bénéficié d’une dérogation jusqu’au 31 décembre 2007.
La STIR peut ainsi commercialiser un gasoil à 3 000 ppm de soufre, en attendant notamment la mise à niveau de la raffinerie de Bizerte.
La qualité du diesel a-t-elle évoluée avec les progrès technologiques du moteur diesel ?
Le progrès est indéniable. Beaucoup de travail a été effectué dans ce sens et toutes les parties ont contribué à améliorer la qualité du carburant et du diesel en particulier. Les soucis environnementaux ont obligé les constructeurs automobiles et les sociétés pétrolières, chacun dans leurs domaines, à se partager les efforts pour réduire les émissions polluantes (NOx, CO, HC, SO2 et les particules.
Ainsi, l’introduction des filtres à particules a permis de supprimer plus de 95% des particules émises par les moteurs. De même, la diminution du taux du soufre a permis d’allonger la durée de vie des filtres.
Mais, les concessionnaires montrent souvent le diesel du doigt…
Les concessionnaires disent que la teneur en souffre est responsable de certains problèmes mécaniques enregistrés. Cela reste toujours à vérifier.
A ma connaissance, la diminution du taux du soufre relève plus d’un souci environnemental que mécanique. Toutefois la qualité du gasoil, d’une façon générale, peut être affectée de plusieurs manières y compris par l’introduction de corps étrangers, par accident ou par négligence, à divers stade de l’exploitation.
Au cours de ces dernières années des stations ont été accusées de pratiques frauduleuses sur le carburant. Eau et pétrole lampant ont été mélangés à l'essence et au gasoil.
La situation a-t-elle changé depuis ?
La loi est toujours là pour sanctionner les pratiques frauduleuses. Des tournées de contrôle sont effectuées périodiquement par des équipes du ministère du commerce et les écarts constatés ont été sanctionnés.
Une autre décision a été mise en application pour délimiter les responsabilités des divers intervenants. C’est l’introduction du traceur dans le pétrole, en novembre 2004, qui a résolu bien des problèmes au niveau du contrôle de la qualité du gasoil dans les stations service.
Actuellement le gérant est pleinement responsable de la qualité du produit puisqu’il a les moyens de vérifier la présence du pétrole dans le gasoil avant le dépotage. A signaler que les sociétés de distribution procèdent, à leur tour, à des contrôles inopinés et certaines disposent de laboratoires mobiles dont l’intérêt et de faire des analyses sur place en temps réel.
Excellium pour Total, V Power pour Shell… Pourquoi ces carburants diesel qui contiennent des additifs protecteurs ne sont pas commercialisés en Tunisie ?
Ces additifs sont disponibles sur le marché en Tunisie et tout le monde peut se les procurer.
Comment expliquez vous la chute des ventes de véhicules particuliers diesel (environ 35% depuis 2002) ?
Ce n’est pas dû à ce qui se dit sur la qualité du gasoil. Ce carburant est en train de gagner du terrain en Europe et même en Amérique du Nord.
J’expliquerai la chute par le nombre toujours en hausse des voitures populaires importées chaque année et qui consomment plutôt de l’essence sans plomb que du gasoil.
N’est-il pas temps d’introduire de nouveaux produits sur le marché Tunisien ?
Pour être avant-gardistes, on pourrait envisager de commercialiser le 10 ppm au prix international pour répondre aux besoins de certains clients. Pour y arriver, il faudrait une coordination entre les sociétés de distribution pour commencer au moins à couvrir 15% des stations en Tunisie.
Il serait tout aussi judicieux de supprimer le pétrole lampant des stations services pour éviter toute utilisation frauduleuse et tout risque de mélange. |