Megrine, milieu d’après midi. Au milieu des hangars, une vraie fourmillière. Rendez-vous avec un homme surbooké, Fethi Ghali, le patron des accumulateurs tunisiens Nour. Un quart d’heure montre en main. C’est plus qu’il n’en fallait pour aller au coeur du système.
Le Temps Auto : La Tunisie offre-t-elle un environnement propice aux investissements dans les pièces de rechange et les accessoires automobiles ?
Fethy Ghali : Sur le plan local, le marché intérieur de l’industrie des pièces de rechange et des composants automobile est, aujourd’hui, saturé. De plus, la croissance de la consommation ne justifiera pas de grands investissements (sauf en cas de modernisation) vu l’excellente infrastructure existante et la jeunesse actuelle du parc automobile.
Quand à l’export, les opportunités d’investissement sont encore réelles soit pour le marché européen en raison du coût bon marché de la main d’œuvre qualifiée. Soit pour le marché africain et particulièrement les marchés voisins algériens et libyens qui représentent ensemble un parc de 5 millions de véhicules dont 50 % de plus de 20 ans.
Quelles sont vos difficultés au quotidien ?
Le problème majeur actuel, c’est l’obligation d’utiliser le plomb des batteries usagées. Ces déchets sont considérés comme des matières premières à utiliser prioritairement pour éviter l’achat de plomb neuf au cours interrbational.
Concernant les ventes, il est vrai que notre société a perdu des parts de marché mais c’était purement stratégique car la priorité était la rénovation, sur ces trois dernières années, de nos équipements de production. Ainsi que l’amélioration et le développement de la gamme de produits et la réorganisation de notre structure.
Ces actions stratégiques ont été réalisées et nous sommes prêts pour le décollage et la reprise du contrôle du marché. L’export suivra.
Les Tunisiens sont beaucoup plus séduits par les produits importés, jugés de meilleure qualité. Qu’en dites-vous ?
Malheureusement c’est vrai. Non seulement les tunisiens ont hérité cette culture - l’étranger est toujours jugé meilleur - mais aussi, nos produits n’étaient pas normalisés. Désormais, grâce aux investissements en équipements, qualité et formation, nos produits répondent aux normes de qualité en vigueur aux normes aussi exigeantes que celles de l’étranger. Les tunisiens devraient donc changer de comportement et consommer tunisien.
Quelle est votre part de marché en Tunisie ? Quels sont vos futurs objectifs ?
Notre part de marché s’élève à 43 % et nous espérons gagner 6 à 7 % dans les trois années à venir. Nous exportons actuellement en Afrique du Nord et Subsaharienne, et au Moyen Orient.
Nous viserons à partir de 2006 les marchés européens. |