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Mauvaise qualité du gasoil, les concessionnaires accusent
Dossier de la semaine réalisé pour LE TEMPS AUTO
Visites techniques
Des escroqueries aux menaces physiques
Le Centre de visite technique de Ben Arous est un des plus anciens. Son patron, Lofti Bakoucji parle sans détour : Les histoires pleuvent, parfois violentes. Lui fait son travail sérieusement mais souffre de la mauvaise image liée à son activité. Plongée au coeur des combines.
Lotfi Bakouchi

Drôle d’impression lors de notre passage au Centre de visite technique de Ben Arous. Un vrai récital nous attendait avec un conteur de choix : Lotfi Bakouchi, directeur du centre.
Juste le temps de prendre un verre d’eau, il entre dans le vif du sujet « Notre centre souffre d’une mauvaise réputation C’est une étiquette que les gens nous ont collé. » Pourquoi ?

« Les antécédents de ce centre, dans d’autres temps, nous pénalisent encore par rapport aux clients. L’image ancrée dans la tête des automobilistes est, à juste titre, épouvantable. Tout reste à faire pour y remédier» regrette Lotfi.
 

La combine est au coin de la rue
Beaucoup de fonctionnaires ou de cadres préfèrent rester dans leurs bureaux plutôt que d’aller eux même effectuer le contrôle technique. Ces personnes se font très souvent arnaquer. «Les automobilistes devraient faire leur mea culpa. Si chacun se présentait avec sa propre voiture, nous aurions bien moins de pro-blèmes. Ces gens se font souvent arnaquer alors que l’état de leurs véhicules est acceptable» dénonce Lotfi. Il poursuit : «Il faut arrêter de donner les clés au gardien de l’usine, au chaouch de l’administration ou du ministère» Pourquoi ? La réponse est immédiate :
«Ces personnes demandent généralement le triple du coût de la visite technique. Ils incarnent le rôle du connaisseur et inventent souvent des défauts inexistants pour se faire de l’argent sur le dos des automobilistes, néophytes en mécanique. »

Lotfi souligne « Il faut arrêter de voir le mal partout. Chacun doit prendre ses responsabilités. Quand un propriétaire de voiture préfère rester chez lui sous prétexte que de toute façon il n’obtiendra le certificat qu’après intervention, il n’a qu’à assumer les retombées de son acte. »

 
Hargma, Limounadha, Gullit, Laaouer… A éviter
Dans le chapitre des arnaques, il faudrait écrire tout un bouquin. Notre interlocuteur se contentera, pour cette fois, de nous en citer quelques unes, O combien significatives.
Le centre de Ben Arous est quotidiennement assiégé par les escrocs. Lotfi indique avec un sourire amère : « Hargma, Limounadha, Gullit, Laaouer… des alias hyper connus dans le domaine du business de la visite technique » Un business ? Le mot n’est pas trop fort. Beaucoup des ces escrocs ont un casier judiciaire, d’autres sont même identifiés chez le chef du centre, chacun d’entre eux possède une fiche.
« Nous avons des classeurs depuis l’an 2000 » souligne Lotfi. Des classeurs millésimés d’une certaine épaisseur sur lesquels sont écrits “Escrocs 2000”, “Escrocs 2001”, “Escrocs 2002”, “Escrocs 2003”, etc.
 
Une députée escroquée
Qui sont ces escrocs ? «Sans rien exagérer, ce sont des psychologues. D’un simple coup d’œil ils sont capables d’identifier leur victime, et pour chaque cas, ils trouvent une histoire adéquate. C’est ahurissant.» souligne Lotfi, dépité. Des exemples ?
« Une député, s’est fait arnaquée pour ne pas avoir à attendre son tour».Comment ? «Un des escrocs s’est présenté en lui proposant son aide. Il fait mine d’appeler un technicien pour lui annoncer qu’il passera dans un moment avec une voiture de telle marque de telle couleur… Elle lui file 30 DT avec les papiers de la voiture. Elle ne le reverra plus jamais. Nous l’avons quand même identifié après la description de la dame, qui refusera bien sur de donner suite à l’affaire. »
Lotfi continue : « Nous avons attrapé un autre escroc, adepte de ce genre de pratiques, il avait dans les poches de son blouson pas moins de 20 cartes grise. Naturellement l’argent n’y était plus »
 
Des menaces physiques
Ce qui semble être drôle débouche malheureusement sur une vérité triste. Les responsables du centre de Ben Arous font l’objet de menaces et d’intimidations. «Personnellement, il m’arrive souvent d’entendre des blasphèmes et des insultes. Un tournevis a même été planté dans le pneu de ma voiture personnelle. Réponse menaçante de ces escrocs : Il y en aura d’autres, c’est juste un commencement » déclare Lotfi, remonté. Il poursuit : « Il existe des gens honnête qui préfèrent régler leurs pannes plutôt que de céder aux escroqueries. Certains d’entre eux ont fait l’objet de représailles après leur sortie du centre. Des papiers confisqués, des pares brise cassés… »
 
Si les escrocs ne sont pas là c’est qu’ils sont en prison
Devant ces tournures graves, les responsables du centre de Ben Arous ont plusieurs fois envoyé des écrits au gouverneur. « A chaque fois que nous contactons le gouverneur, ces bandits disparaissent. Mais ils ne tardent pas à refaire surface. Il faut impérativement que cela cesse. » déclare notre interlocuteur. Il continue : « Nous reconnaissons leurs visages. Nous savons que s’ils ne sont pas là, c’est qu’ils doivent être en prison. »
 

Les histoires n’en finissent pas. Selon notre interlocuteur, une certitude : « Le salut passe par les automobilistes. Si chacun devient responsable de son véhicule, qu’il refuse toute forme d’intervention de qui que ce soit. Si l’automobiliste tunisien devient attentif à l’état de son véhicule. S’ils présentent des voitures au moins sûres au niveau de la sécurité… il n’existera plus d’arnaques, ni d’interventions. »
Beaucoup de « si ». Tout reste à faire, tant sur le plan structurel que sur celui de la communication. Un travail de fond s’impose.

Enquête Selim Slimi
 
 Location d’organes

Etre recalé au contrôle coute très cher car il faut faire es réparations. Le recours ? Louer des pièces détachées nécessaires pour une remise en état provisoire, le temps de passer le contrôle.
Ensuite ?
Les pièces louées sont récupées. Ni vu, ni connu, l’automobiliste repart avec son sésame en poche. Les loueurs d’organes sont généralement des mécaniciens et marchent au forfait, plus ou moins important selon la nature des pièces louées.
Le tout prend rarement plus d’une heure.

 
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