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| Dossier de la semaine réalisé pour LE TEMPS AUTO |
| Visites techniques |
| “15% des certificats sont falsifiés” |
Des certificats de visite technique falsifiés, des fraudes en nombre, des interventions
pour faciliter l’obtention des certificats... Le tableau n’est pas rose. En progrès se défend le
directeur del' Agence technique des transports terrestres (ATTT). Entretien sans complaisance. |
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| Boubaker Mahwachi |
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| Le Temps Auto : Y a t-il suffisamment de centres de visite technique en Tunisie ? |
Boubaker Mahwachi, directeur de l’Agence technique des transports terrestres : Nous avons des centres de visite technique dans chaque chef lieu de tous les gouvernorats de la République. |
| Nous sommes en train de multiplier les centres pour alléger l’activité dans certaines zones du pays. |
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Les points de contrôle (parallélisme, freinage) sont-ils suffisants ou est-ce le strict minimum ?
Oui, c’est suffisant et En Tunisie, nous avons les mêmes point de contrôles qu’en Europe.
Sauf que nous travaillons davantage pour améliorer et donner une crédibilité au contrôle visuel. Châssis, rotules, crémaillère, pneus… Bientôt toutes ces pièces feront l’objet d’un contrôle visuels. |
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A quel point les nouveaux systèmes de contrôle informatisés évitent-ils les fraudes ?
Chaque machine est utilisée selon méthode bien précise. Et si un agent essaie de fausser le résultat, la machine ne donnera aucun résultat.
S’il y a fraude, ce n’est certainement pas à cause des manipulations au niveau des équipements de contrôle. |
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Il y a eu des abus dans le passé, leur nombre a extraordinairement chuté surtout depuis l’introduction de ces nouveaux outils de travail.
Les abus constatés depuis l’introduction de l’informatique sont très peu nombreux, Néanmoins, c’est une réalité. Il serait présomptueux de parler de risque zéro, Il n’existera jamais. |
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Les propriétaires d’épaves sont prêts à tout
pour obtenir leur certificat |
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On voit souvent des véhicules dans un état lamentable circuler sur nos routes. Comment ont-ils pu échapper aux mailles des filets des contrôleurs ?
Il faut savoir que 15% des certificats de visite technique sont falsifiés. Beaucoup de citadins roulent sans certificat, ils se faufilent dans le trafic là où le risque d’être interpellé pour contrôle de papiers reste minime.
Un nombre assez important de véhicules utilitaires circulent avec des certificats falsifiés.
Dans ce sens, nous avons décidé de rendre l’opération de falsification impossible à partir du mois de février 2006 ou de nouveaux certificats seront mis à la disposition des automobilistes. |
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Avez vous pris des mesures disciplinaires contre des agents ayant fait preuve de négligence dans leur travail ?
Certainement. Les sanctions diffèrent selon la gravité de l’acte. Le licenciement se fait généralement en cas de falsification du certificat.
Pour les chefs de centre, la sanction en cas d’acte grave est la mutation dans une autre région pendant une période indéterminée. Nous exigeons beaucoup d’eux, certains cèdent à la pression et démissionnent. |
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On relève de plus eu plus des cas d’accidents dus à un mauvais système de freinage, un mauvais éclairage, une géométrie mal réglée… N’est ce pas la faute des agents de la visite technique ?
Non, jamais. C’est d’ailleurs mentionné sur le certificat de visite technique. Rappelez vous du grave accident du bus de Korbes. La validité du certificat de visite technique avait été pointée du doigt, Après vérification du dossier au centre de Menzel Hayet, il s’est avéré que le contrôle avit été fait correctemment et qu’aucun point négatif n’avait été décelé. Ce bus a eu un problème dans les circuits de freinage le jour même de l’accident, La véritable cause de ce drame, c’est l’entretien après le contrôle technique. |
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Est-il envisageable d’impliquer le secteur privé pour délivrer les certificats de visite technique ?
Cela dépend du contexte économique et social. Sur le plan de l’efficacité nous n’avons rien à envier aux pays développés et notamment à l’Europe. Des spécialistes français, allemands et italiens nous ont supervisé nos centres. Ils ont tous apprécié notre travail.
En Algérie, l’expérience du secteur privé a montré ses limites et nous sommes nettement meilleurs.
Nous sommes en train de conquérir des marchés un peu partout en Afrique. Nous sommes basés au Cameroun, et nous venons de signer un contrat avec le Mali. Prochaine étape, less pays de l’Afrique Centrale… |
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Les automobilistes sont-ils conscients du danger de rouler avec une voiture défectueuse ?
La mentalité a bien évolué. Le pouvoir d’achat est en hausse, les garagistes sont nombreux et très bien équipés. Les pièces de rechange d’origine sont disponibles partout. Ces facteurs font que le tunisien est devenu beaucoup plus attentionné.
Ce changement est surtout palpable pour les propriétaires de voitures particulières. Les professionnels de la route en sont encore loin. |
Propos recueillis par
Selim Slimi
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| Les pros témoignent |
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| A. Yahiaoui |
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| Habib Riahi |
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Abdelhalim Yahiaoui est technicien depuis mai 2005.
"Nous suivont une formation continue sur le matériel qui suit l’évolution rapide de la technologie automobile.
La véritable difficulté de notre métier est de gérer l’incompréhension des automobilistes. Lorsqu’ils viennent, ils veulent repartir impérativement avec le certificat en poche, ce qui n’est pas toujours évident.
Les intervention sont rares mais elles existent.
Personnellement, j’ai en moyenne deux demandes d’intervention par semaine, la majorité sont des taxis ou des conducteurs de véhicules utilitaires…
Je n’interviens pour personne surtout s’il s’agit d’une panne susceptible d’avoir des répercussions au niveau de la sécurité".
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Le métier a beaucoup évolué surtout après l’informatisation des machines de diagnostic. Il est devenu quasiment impossible d’intervenir en cas de défaillance de certaines pièces de sécurité (freins, crémaillère…)
Avec mon âge, les automobiliste se méfient, je ne reçois que deux demandes d’interventions par mois, les jeunes techniciens présentent, pour les automobilistes qui souhaitent avoir plus facilement leur certificat, un terrain plus favorable.
Les difficultés ?
Pour améliorer davantage notre activité, il devient indispensable de faire de nouveaux recrutements. L’effectif est très amoindri, ce qui nous pénalise au niveau du contrôle visuel. Une révision des salaires s’impose, nous méritons le double de ce que nous percevons maintenant. |
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| Du nouveau
pour toutes les villes |
Le nombre de voitures ne cessant d’augmenter, il faut que les infrastructures suivent. Toutes les villes devraient en être bénéficiaires. |
Médenine
Un nouveau centre sera construit pour éviter le déplacement à Djerba
Région du Sahel
Un nouveau centre accueillera les poids lourds et les véhicules utilitaires pour décongestionner celui de Sousse.
Ben Arous
Un deuxième centre sera construit pour les voitures de tourisme. Les véhicules à usage professionnel effectueront leur visite à Bir El Kassâa.
Gabes
La capacité sera doublé «dans peu de temps» précise le directeur de l’Agence Technique des transports terrestre.
Bizerte
Il sera bientôt dédié aux VP
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Nabeul
3ème centre au niveau de l’activité, il sera dédié aux VP alors que les véhicules professionnels auront un nouveau centre à Menzel Temim vers les fin 2006.
Le Kef
Le centre fera peau neuve et sera beaucoup plus grand et moderne. Fin des travaux prévue début 2007.
Sfax
Premier sur le plan de l’activité des visites et des identifications.
Un nouveau centre sera construit à Sakeyet Ezzit pour les VP et VU vers la fin 2006.
Sousse et Grombalia
Ces deux villes attendent l’acquisition de terrains pour commencer la construction de nouveaux centres. |
| Augmentation d’effectifs en perspective |
«Nous travaillons sur les effectifs des bureaux de direction entre 2006 et 2011, explique Boubaker Mahwachi, directeur de l’ATTT. Les choix seront faits selon l’évolution du parc automobile estimé à 7% par an. En 2005, nous avons effectué 1 400 000 opérations (identifications et visites techniques). Ce nombre ne cessera de croître et il faut y penser dès maintenant.
Actuellement, nous disposons de 300 agents répartis sur l’ensemble du pays. C’est un peu limite. Il faut faire davantage de recrutements.
En Europe, un agent effectue 10 vi-sites par jour. En Tunisie, un agent effectue de 15 à 35 contrôles par jour, C’est trop notamment au niveau du contrôle visuel qui demande lucidité et concentration... Avec les moyens actuels, nous sommes encore loin du compte.
En revanche, notre objectif d’avoir 60% des agents avec les compétences nécessaires est atteint.Avant la création de l’Agence, les techniciens n’étaient pas recrutés selon des critères précis. Nous en sommes maintenant à 70%.» |
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