| Dossier de la semaine réalisé pour LE TEMPS AUTO |
| La passion Tuning |
Bricolage au moindre coût
Attention danger |
Il y a peu encore, le monde du Tuning était tenu par des artisans dont les bricolages pouvaient se révéler dangereux sur la route. Le secteur commence à sortir de l’anarchie . Entretien avec Ramsès Bouchoucha,
co-créateur de MC Design. Il dénonce ces « intrus » encore très majoritaires.
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| Ramses Bouchoucha |
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Ils sont deux, ils sont jeunes, et le hasard les a rassemblés.
Dénominateur commun : une passion démesurée pour les voitures. Atteints par le virus du Tuning depuis longtemps, ils ont décidé de créer un atelier professionnel :
« MC Design » existe depuis 2002.
Ramsès explique : « Les jeunes posaient des questions sur le Tuning, ils étaient passionnés... Alors, nous avons décidé d’investir dans ce domaine. » |
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Un marché tenus
par des bricoleurs
Le Tuning en Tunisie est un business loin d’être fructueux, mais Ramsès reste optimiste : « Les chiffres sont estimés à 300 000 DT par an » affirme-t-il. Quelle est leur stratégie pour rendre ce travail plus fructueux ?
« Nous envisageons de faire de la sous-traitance. Pour l’instant les européens nous sont supérieurs au niveau des compétences. A nous d’être performants pour trouver des marchés sur le vieux continents. »
Quid de la Tunisie ? Réponse mitigée : « Chez nous, nous ne pourrons parler de profits qu’après quelques années.»
Pourquoi ? Ramsès explique :
« Les intrus sont partout. Les ateliers poussent comme des champignons et les gens qui y travaillent n’ont aucun professionnalisme. »
Il poursuit, visiblement désolé : « Ces gens effectuent des modifications qui tombent après quelques mois, ils ne prêtent pas d’attention aux finitions et c’est nous qui sommes pénalisés ».
MC Design fait-il, lui, du bon travail ? Affirmation immédiate de Ramsès :
« Les techniciens qui travaillent chez nous suivent des formations de 6 mois pour apprendre les ABC du métiers. ». Six mois ? N’est ce pas un peu limite ? « Pas du tout, je dirais même que c’est largement suffisant. Cela dépend aussi des exigences du tuner tunisien… » |
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| Une BMW en pleine modification |
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Prix cassés,
mauvaises surprises assurées
Passionnés ou pas, jeune ou pas, l’automobiliste tunisien n’a qu’une seule idée en tête : Ne pas dépenser trop. C’est là, selon notre interlocuteur, l’atout majeur des intrus.
Ramsès dépité commente :
« Ces gens cassent les prix, au dépens, bien sûr, de la qualité du travail et de la finition. » Ces artisans ont un quasi-monopole du marché, loin devant les vrais professionnels, pourtant plus efficaces. « C’est malheureux mais c’est comme ça. » souligne Ramsès abattu. Il poursuit :
« C’est normal que ces charlatans s’imposent, quand les tuners ne prêtent pas attention aux détails. Tout ce qui les intéresse, c’est la finition extérieure. Tout part d’une mauvaise conception de l’esprit du Tuning. »
Les vrais tuners ne sont donc pas légions ? Réponse immédiate : « Ils ne représentent que 5% » affirme Ramsès. Surprenant.
Pour se faire connaître, MC Design marque toujours sa présence, en sponsorisant les meetings. |
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Où part l’argent des sponsors ?
Les histoires n’en finissent pas de pleuvoir. La frustration est palpable sur les visages quand il s’agit de parler de sponsoring. « Nous sommes encore à nos début dans ce domaine. Nous investissons malgré ça pour être présents dans les affiches des meetings. Mais encore une fois, notre déception est lourde » indique Ramsès. Il enfonce le clou : « Nous ne savons pas ou est parti l’argent que nous avons mis à disposition des organisateurs. Même les sponsors ne sont pas traités à égalité. Cela ne peut pas continuer comme ça. »
Les difficultés ne s’arrêtent pas là. Notre interlocuteur, plein d’envie de bien faire, se sent tout de même pousser des ailes :
« Certains produits que nous importons sont surtaxés, nous avons beaucoup de mal à dénicher la main d’œuvre qualifiée, mais malgré tout cela, nous restons tout à fait confiant pour l’avenir » souligne Ramsès qui constate une incohérance dans la réglementation :
« D’un côté, il nous est permis de pratiquer cette passion et d’organiser des meetings. De l’autre, les voitures tunées ne peuvent pas répondre aux normes de sécurité… »
Il conclut : « les vrais tuners ne sont pas irresponsables. Il faut être indulgent avec eux. C’est une passion artistique et ces jeunes ne sont pas des sauvages comme beaucoup le pensent. Il faudrait davantage de souplesse, je pense notamment à la visite technique. » |
Propos recueillis par
Selim Slimi |
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