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 Selim Kamoun, pilote de rallye
 « Il faut abolir les taxes »
Selim Kamoun (à droite)
Il a 35 ans, il est anesthésiste-réanimateur. Lui, ses courses il les termine. Ses ambitions sont grandes, à commencer par le prochain Rallye de Tunisie. Mais, comment gagner lorsqu’à dix jours de la compétition sa voiture est toujours bloquée en France. La faute au matraquage fiscal de la douane.
 
L’une des plus belles carrières, c’est certainement celle de Selim Kamoun.« J’ai fini tous mes rallyes de Tunisie. J’ai participé deux fois au Dakar et j’ai franchis la ligne d’arrivée » Des titres à l’actif ?
 
« La deuxième marche du podium du Master Rallye au Sénégal » souligne Selim. Qui, humblement, rend hommage à son co-pilote de l’époque. « C’est aussi grâce à Abdou Thiam que j’ai réalisé ces performances ».
Et pour 2006 ? « J’ai une grande envie de bien faire. Mais la volonté ne suffit pas ».
 
Epatant ! Ce pilote tunisien n’a en effet trouvé sponsor qu’en France (Vsys), grâce notamment à son nouveau co-pilote, le français Joël Olivan. Il participera au volant de la voiture de l’année dernière dont les frais de préparation ont été tous couverts par son sponsor. Et les tunisiens ? « Je ne vais même plus les voir. C’est peine perdue à l’avance » répond-il, dépité. Selim va encore plus loin « J’ai l’impression de mendier quand je m’adresse aux sponsors. Mais, par ailleurs, je comprends qu’ils n’investissent pas beaucoup. » Manque de visibilité et de médiatisation ? « Exactement » confirme Selim. La parade ? « Je n’en vois aucune ».
 
Les journalistes ne traitent pas tous les pilotes sur le même pied d’égalité. Selim enfonce le clou : « Certains sont vendus ! ». Le favoritisme se paie. Ne faut-il pas en vouloir aux pilotes qui ont ce genre de pratiques ? « Absolument, mais faute de preuves, il est difficile d’accuser.» Et le NACT dans tout ça ? « Ce n’est pas à lui, mais aux pilotes de mettre fin à ces pratiques indignes de l’éthique sportive». Pour Selim l’équation est simple, mais difficilement réalisable dans le contexte actuel : « Il faut que les journalistes arrêtent de déformer l’information et que les pilotes parlent seulement de ce qu’ils ont fait ».
 
Les bonnes personnes aux bons postes au NACT ? Après un long moment de réflexion, Selim répond à voix basse « Je ne sais pas», mais il remarque : « On nous a donné un papier à signer. Une des règles  impose aux inscrits de la course de respecter le NACT. Je trouve que cette phrase n’a pas lieu d’être. C’est déplacé ».
Seule la passion de l’automobile stimule les responsables du NACT ? « Il n’est pas impossible qu’ils soient bénévoles »
 
Selon Selim Kamoun, « le monde du sport automobile en Tunisie est hétérogène. Il stagne depuis très longtemps ». Comment ? Réponse éclair : « Il suffit de voir que les voitures des équipages tunisiens sont d’un autre âge ». C’est bien dommage. Beaucoup comme Selim Kamoun pensent dur comme fer, que nombreux sont les pilotes aux très bons coups de volant.
 
Si baguette magique il avait, Selim n’hésiterait pas une seconde : « J’abolirai de suite les taxes douanières qui frappent les voitures de courses. J’en suis terriblement pénalisé. Ma voiture est en France, et je ne peux pas la ramener pour m’entraîner avec .» Selim reste à la fois optimiste et réaliste : « Je ferai de mon mieux pour finir la course. Il ne faut pas s’attendre à plus. »
 
 
 
A propos de ses collègues
Slim Ghazaï : Gentleman
Anis Keskes : Propre
Hend Chaouch : Bavarde
Raouf Chkir : … Joker
Hatem Achour : Mafia
Ghilen Baziz : Gentil garçon
Karim Azouz : Dévoué
Chedly Zouiten : Mystérieux
Abla Lassoued : Que du bruit
Nadia Gamoudi : Pas de performance
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